Ecotourisme - Maison de la Nature du Bassin d'Arcachon

Ecotourisme - Maison de la Nature du Bassin d'Arcachon

La Maison de la Nature du Bassin d'Arcachon s'inscrit dans la démarche écotouristique du Parc naturel régional des Landes Gascogne. Toutes nos activités de découverte s’attachent à minimiser les impacts sur la nature environnante et s'inscrivent dans notre mission de valorisation du patrimoine naturel et culturel de la région.

"La nature, l’écologie, l’environnement sont identifiés depuis quelques années comme des tendances fortes par les observateurs et les professionnels du tourisme. Plusieurs enquêtes récentes mettent en évidence cette évolution des comportements et des désirs des touristes français, une réalité encore plus accentuée chez les visiteurs d’Europe du Nord. Comme c’est le cas dans tous les domaines du quotidien, une part toujours croissante de la clientèle aspire à revisiter ses pratiques antérieures pour les mettre en accord avec les évolutions du monde, à devenir plus respectueux des lieux et plus curieux des populations qu’elle va croiser lors de ses séjours ou de ses voyages.

Cependant, pour bien des opérateurs publics ou privés, cette évolution vers la prise en compte du « développement durable » n’est identifiée que comme une simple opportunité, un effet de mode qui permet de « repeindre en vert » des pratiques identiques à celles du passé, ou bien de verdir des nouveaux « produits » à vendre à des citadins, que beaucoup considèrent encore comme des « gogos » capables d’avaler n’importe quel béret poussiéreux, du moment qu’il est décrit comme étant « tendance ». On nous parle alors de tourisme vert, de nature, durable, d’écotourisme, mélangeant allègrement les concepts et les pratiques, dont certaines se révèlent parfois extrêmement néfastes et préjudiciables pour la nature elle même.

Car pour la plupart de ces activités aux labels à géométrie variable, il va simplement s’agir d’utiliser l’espace naturel sauvage comme simple support d’activités, comme un nouveau cadre pour « coller au marché », comme un décor à de nouvelles pratiques. Il va sans dire que la démarche est souvent strictement commerciale, et que la mesure des risques sur la nature et des conséquences sur les équilibres sociaux des régions convoitées ne font pas partie des critères d’évaluation de ce qui n’apparaît que comme une manière complémentaire de « vendre de la nature et de l’espace ».

Le choix du Parc naturel régional est fondamentalement différent. Le concept d’écotourisme développé ici s’inspire très fortement de celui inventé par les naturalistes américains dans les années 1980. Ces derniers ont senti que cette nouvelle attitude dans la manière de voyager et de séjourner dans les espaces où la nature était un capital en soi, pouvait prévenir les dégâts des pratiques touristiques qu’ils constataient partout sur la planète, et qu’elle pouvait en plus influencer fortement la prise en compte de politiques de conservation complémentaires, pour peu qu’elles soient bénéfiques au plus grand nombre des habitants.

Cinq règles balisent cette approche

  • L’écotourisme ne peut se développer que dans des territoires qui ont su préserver un capital de nature et un patrimoine riche et diversifié, susceptible d’attirer une clientèle particulièrement sensible à ces aspects, mais qui est aussi prête à faire des efforts pour le découvrir et contribuer à le préserver.
  • L’impact du tourisme doit être le plus minimaliste possible, tant pour les écosystèmes, la biodiversité, que pour les équilibres sociaux des populations locales.
  • Le visiteur/voyageur doit repartir de sa destination plus riche en connaissances qu’à son arrivée. Il ne va plus s’agir ici de consommer superficiellement, mais de comprendre comment fonctionne l’espace qui l’entoure, tant sur le plan naturel qu’humain.
  • Les bénéfices économiques doivent revenir en priorité aux habitants de ces régions, qui deviennent des prestataires privilégiés tant de la découverte que de l’accueil des touristes. Les recettes directes bénéficient aux habitants du cru sans intermédiaires, la rencontre incontournable entre « le local » et « l’étranger » étant aussi une source d’enrichissement culturel réciproque.
  • Enfin, et c’est malheureusement le point qui a souvent été négligé dans bien des productions récentes estampillées du label « écotourisme », la valorisation des spectacles de la nature ne peut se concevoir sans que cette dernière n’en ressorte encore plus préservée. Les bénéfices globaux de cette pratique (financiers, culturels, sociaux) doivent être utilisés comme des arguments de poids pour justifier l’amplification des politiques locales de conservation, pour initier des changements d’attitudes et de comportements chez les résidents permanents de ces territoires. La valorisation justifie plus de conservation qui elle-même préserve les développements futurs d’une mise en valeur accentuant encore les capacités de maintien des équilibres écologiques et sociaux du territoire… Cette spirale vertueuse est le fondement majeur de toute application d’un projet d’écotourisme.

 

Landes de Gascogne, territoire d’écotourisme

Pour mettre en œuvre sa politique d’écotourisme, le Parc s’est associé au Pays des Landes de Gascogne, car ensemble on est plus fort et qu’une telle approche ne peut s’appliquer que sur un espace de taille cohérente. La première étape de ce processus a consisté à réfléchir au repositionnement des pôles historiques que sont Marquèze et Le Teich. Au-delà de la visite d’un écomusée, Marquèze doit apporter au visiteur les clés de compréhension de l’évolution des landes de Gascogne, et c’est maintenant ce que propose la visite du site associée à celle du pavillon des landes. Pour le Teich, il s’agit de passer du concept devenu obsolète de « parc animalier », à celui de réserve ornithologique, plus en prise avec la réalité de cet espace qui valorise la faune sauvage naturelle. Ce site ambitionne de devenir à terme une référence en France et en Europe pour la pratique du birdwatching, l’observation des oiseaux dans la nature, chère à des millions d’anglo-saxons.

Les centres d’animation ne sont pas en reste non plus. Les activités de pleine nature produites à l’Atelier Gîte, au centre du Graoux ou à la Maison de la Nature, dépassent le simple cadre du sport ou du loisir comme on les conçoit ailleurs. Elles servent depuis des années de support à des actions de découverte et de compréhension du milieu naturel et des paysages, tout en demeurant des moments de plaisir pour les pratiquants. Et ce n’est pas nouveau, car à la Maison de la Nature du Teich, on se référait déjà à l’écotourisme dans les années 1990, pour proposer des séjours d’observation des oiseaux, des balades encadrées en kayak de mer ou des promenades didactiques à vélo.

Véritable chef d’orchestre dans ce domaine, le Parc naturel régional va organiser la partition qui se joue entre le territoire, ses visiteurs et les acteurs du tourisme. Il va aussi travailler en synergie avec les institutions travaillant sur le sujet (Pays, Conseils Généraux, Conseil Régional), pour inscrire son positionnement spécifique au sein de leurs stratégies plus globales. Conscient de son identité, le Parc définit le cadre de son action autour d’un tourisme fondé sur la préservation et la valorisation de ses richesses patrimoniales, qui respecte les équilibres naturels, culturels et sociaux, qui favorise le développement local et qui sensibilise les clientèles comme les professionnels de l’accueil et de l’animation.

Ces axes identitaires sont au service d’objectifs précis : ils sont en cohérence avec les projets de chartes du Parc et du Pays, ils renforcent le lien au territoire des acteurs locaux du tourisme, ils favorisent leur développement commercial, et veillent à développer l’accueil de clientèles complices."

  • Extrait "Dossier écotourisme" par Claude Feigné, responsable scientifique et technique de la Réserve Ornithologique du Teich, avril 2010.